SACRO-SAINTE ORIGINALITÉ

                       Par Léon Gard

 

  La réussite sociale de certains peintres ou sculpteurs médiocres est classique et il n’y a pas lieu de s’en étonner (Pierre Grassou, type de peintre médiocre qui réussit, sympathique au demeurant, étudié par Balzac, avec quelle profondeur et quel esprit !). Cas rendu encore plus fréquent de nos jours par le très grand nombre de prétendus artistes et la profusion de théories amphigouriques brouillant les cartes. Malheureusement, ainsi que le précise impartialement Balzac, les médiocres n’ont pas toujours le cœur et l’honnêteté de Pierre Grassou, lequel se savait médiocre, ce qui le rend émouvant.

  Le manque de dons, qui est le vrai problème, au lieu d’être remplacé par une vertu consciencieuse, a été remplacé, semble-t-il, par une publicité spécieuse et l’on conçoit qu’une telle publicité ait poussé sans vergogne les médiocres à la manière outrée, aux absurdités, à l’étalage d’un mauvais dessin soi-disant voulu, à un à-peu-près très lointain, aux incongruités, aux grimaces les plus extravagantes, ce qui conduit à une fallacieuse personnalité, c’est-à-dire un genre tapageur de banalité.

  En prétextant l’originalité et la liberté d’expression, en invoquant les monstres sacrés (pas moins), on a adopté la laideur, la vulgarité, la caricature plus ou moins chaotique.

  Le commerce voulait absolument mettre l’abstrait à la mode(1) vu la grande quantité de néophytes envisagée. L’affirmation sans preuve possible est un délit moral. La peinture ou la sculpture abstraite est une affirmation gratuite sans l’ombre de preuve possible. L’abstrait est la formule parfaite des gens n’ayant aucune capacité se disant artistes.

  Le pire crime moral des promoteurs de l’abstrait, en dehors des gloires supposées qu’ils ont établies et des prix très élevés qu’ils ont attribués, en ventes publiques, à certaines œuvres abstraites, c’est d’avoir créé des abstraits sincères, naïfs, faisant de la peinture ou de la sculpture abstraite, s’imaginant avoir beaucoup plus de talent que Michel-Ange, lequel n’est, à leurs yeux, qu’un pauvre attardé.

  Beaucoup de peintres et de critiques d’art (les vitrines des libraires en sont pleines) ont confondu peinture, philosophie, littérature, etc. On a même vu, pendant cette confusion, un poète comme Apollinaire montrer la prétention exorbitante de régenter la peinture et prêcher la révolution picturale dans le sens de la guerre déclarée à la nature. Il faut, disent les augures d’aujourd’hui, être original avant tout ? Fichaise ! Idée à la mode ! L’essentiel de l’art est l’instinct du beau dans l’art, aussi bien l’instinct du public que celui de l’artiste. Quand une règle officielle prétendue classique ou prétendue révolutionnaire veut se substituer à l’instinct, c’est une défaite pour la cause officielle : on l’a vu avec les Impressionnistes comme on le voit avec les faux révolutionnaires aujourd’hui.

  L’originalité des tableaux fait naître les faux tableaux, car il est plus facile d’imiter la manière que d’atteindre la qualité artistique.

"L'homme au bonnet" par Watteau.

  Les grands artistes sont généralement discrètement originaux, contrairement à nos vedettes actuelles dont l’originalité est loin d’être discrète parce qu’elle constitue le plus clair du talent. Chez les grands ancêtres, cette originalité discrète, toute de justesse miraculeuse, est parfois presque invisible. Chez Titien, Véronèse, Watteau (dans ses portraits), David, l’originalité apparaît peu. Et pourtant, « L’homme au gant » est là, et aussi « Les Noces de Cana, et aussi « Le Sacre de Napoléon ».

  Sans vouloir maudire l'originalité qui a ses héros (Corot dernière manière, Van Gogh, Claude Monet, Toulouse-Lautrec, Cézanne, Renoir, etc., qui ont été terriblement imités, en moins bien, cela va de soi), il faut dire que ce n’est pas par l’originalité que les grands artistes sont grands, mais plutôt qu’ils sont grands malgré l’originalité et souhaiter une autre révolution picturale contre les vaticinations prétentieuses d’Apollinaire et des autres.

"Jeanne d'Aragon" par Jules Romain.

  Il est permis d’observer que de très belles époques de l’art sont composées d’artistes chez lesquels on trouverait difficilement de l’originalité, tels qu’Antonello De Messine, Filippo Lippi, Catena, Beltraffio (souvent pris pour Botticelli), les Bellini, les Palma, Ghirlandajo, le Pérugin, etc. Giorgione fut maintes fois confondu avec Titien dont il était l’ami intime. Le fameux « Balthazar Castiglione » par Raphaël, sauf que c’est un chef-d’œuvre, n’est pas d’une originalité péremptoire et « Jeanne d’Aragon », longtemps attribuée à Raphaël, est aujourd’hui attribuée à son disciple Jules Romain. De son côté, « La Belle Ferronnière », ayant été un moment débaptisée, est rendue à Léonard de Vinci. Ce qui prouve que l’originalité de beaucoup de tableaux célèbres ne crève pas les yeux, même des spécialistes.

  A côté de ces gloires réelles (bien que sans originalité) consacrées par le temps, l’originalité des abstraits apparaît brusquement moutonnière, pauvre, peu imaginative et peu sensible. Les abstraits ont l’œil si peu sensible aux formes, aux couleurs et aux valeurs qu’ils ne voient pas les défauts rédhibitoires de la photographie et appellent dédaigneusement « photographique » tout ce qui a le malheur de ressembler à quelque chose : il est clair qu’ils font là une faute picturale grossière.

"L'homme au gant" par Titien.

  La nature produit spontanément un phénomène de résonnance, de délicatesse, de forme, d’harmonie que le véritable artiste perçoit et traduit. Au contraire, la photographie en couleurs, qui passe pour le comble de l’exactitude et prétend enregistrer la nature « telle qu’elle est » mais qui est fausse, dure et criarde pour des yeux un peu fins, ne produit ni résonance, ni délicatesse, ni harmonie : c’est précisément ce manque de justesse profonde qui fait qu’une photo ne vaut rien, alors qu’un tableau, tout ce qu’il y a de plus figuratif, est un trésor d’art. C’est à quoi les abstraits sont complétement fermés.

  Car il faut bien qu’il y ait une différence essentielle entre « L’Homme au gant », qui est peut-être le plus beau portrait d’homme jeune, et une photographie.

  Il s’ensuit que l’art de la peinture ou de la sculpture, c’est du dessin (lignes ou volumes), des valeurs, des couleurs qui imitent la nature (laquelle est de beaucoup plus riche que la soi-disant imagination des abstraits ) avec une profonde justesse : en dehors de cela, rien ne peut, sans imposture, porter le nom d’art plastique.

"Saint Jean l’Évangéliste à Patmos" par Jérôme Bosch.

  Un peintre a, certes, le droit d’être philosophe dans sa peinture et faire en sorte que son art soit l’outil de sa pensée. Mais encore faut-il que l’outil soit lui-même supérieur. Sinon, en quoi est-il un peintre ? Ce qu’on pourrait nommer leur « surréalisme » n’empêchait pas Jérôme Bosch ou Breughel l’Ancien de dessiner et peindre admirablement : prises à part, leurs natures mortes sont merveilleuses ainsi que leurs figures et leurs paysages. Il est compréhensible que ces artistes ou Goya,  ou d’autres, aient voulu peindre les aberrations du monde et Newton disait qu’il pouvait calculer les corps célestes mais non les folies humaines.

  Il faut le répéter sans se lasser, toutes les sottises ont été dites et faites au nom de ces pauvres incompris d’Impressionnistes et de Cézanne qui ne pouvaient protester, n'ont pas été des précurseurs, n’ont rien révolutionné sinon qu’ils ont provoqué le scandale de faire de la bonne peinture à une époque où ce n’était pas à la mode d’en faire, tout comme maintenant mais dans un style opposé : Alceste de Molière disait que « loueurs impertinents ou censeurs téméraires » les hommes n’ont jamais raison. Les Impressionnistes avaient assaini une peinture qui tombait en déliquescence ; aujourd’hui, la peinture a besoin d’être assainie de ses furoncles, de ses cancers et de ses excroissances.

  Il y a confusion dans le mot « académisme » qui, pour beaucoup, signifie encore Meissonier, Bouguereau, Cabanel, etc. (les meilleurs de cette école étaient loin d’être dénué de talent bien que portés à des hauteurs excessives par les critiques d’art officiels de l’époque, comme certains d’à présent, qui ne les valent pas, dans la mode du jour). Or académisme signifie honoré, loué, récompensé par les académies et l’académisme de 1880 n’est pas l’académisme d’aujourd’hui où le soi-disant avant-garde a été le nouvel académisme, le nouveau « bien-pensant » de plusieurs générations pendant qu’un abstrait était nommé professeur à l’Ecole Nationale des Beaux-Arts de Paris (que pouvait-il enseigner ?). On a mis à la mode depuis longtemps les « peintres maudits » et beaucoup ont fait toutes les singeries qu’il fallait pour avoir l’air maudit. L’ « élite » des arts, par ses louanges incohérentes chantant les beautés et les vertus de l’abstrait ou du « conceptuel », n’a pas caché sa soumission officielle. On a recouvert les plafonds de l’Opéra et de l’Odéon, qui étaient à la mode de leur temps, de peinture à la mode du nôtre : ces plafonds n’y ont rien gagné, ces théâtres non plus. Enfin, on en a vu de toutes les couleurs : plusieurs églises de Paris, et non des moindres, ont voulu être à la page et se sont faites le réceptacle de l’ « art sacré » d’avant-garde.

  Voilà l’académisme d’aujourd’hui.

  Les gens ont un goût secret pour ce qui est noble, goût qu’on trouve chez tout être humain digne de ce nom : comment ont-ils pu supporter si longtemps ces choses viles qu’on leur a imposées (et qu’on leur impose encore) en se moquant d’eux ?

 

 

 (1) Les récentes révélations d’un agent du FBI montrent que le commerce n’était pas le seul à vouloir mettre l’abstrait à la mode, mais que la politique américaine le voulait aussi pour des raisons qui n’ont rien à voir avec l’art.(note de T.G.)

 

 

 

 

 

 

La personnalité est une tare

                         Par Léon Gard

                (article paru dans la revue Apollo en février 1948)

 

  La définition ci-dessus (dont je prends l’entière responsabilité), à l’époque où nous sommes, c’est-à-dire après des années et des années de « sublimation » de la personnalité, du tempérament, de l’originalité, semblera une idée fort osée.

  Aussi, je vais m’efforcer d’être d’autant plus clair que mon titre peut provoquer quelque inquiétude, et aussi parce qu’il importe que, dès l’abord, on n’imagine pas tout autre chose que ce que j’ai voulu dire.

  Avant tout, qu’on ne s’effraie pas de l’apparence déconcertante de ma proposition, laquelle est moins déconcertante au fond que bien d’autres qu’on nous fait tous les jours : quand on observe autour de soi, dans les livres, les spectacles, les journaux, voit-on guère autre chose que des énormités ? De plus, ce sont généralement des énormités gratuites, impudentes et sans-gêne, qui ne prennent pas la peine de s’expliquer, de se justifier d’aucune façon, et qui se contentent de se mettre en avant. C’est ce vice très grave que je veux éviter pour ma part, et si mes raisons ne convainquent pas le lecteur, du moins me saura-t-il gré de l’honnêteté de les lui faire connaître.

  Tout d’abord, je ne veux nullement dire que ce qu’on appelle élogieusement la « personnalité » pour désigner un cas se distinguant brillamment du commun, soit obligatoirement un faux indice, car je pense, tout au contraire, que, lorsque cette personnalité est authentique et non simulée, elle est un signe de véritable talent.

  Mais je spécifie que la personnalité n’est pas ce qui constitue le talent, mais seulement sa contrepartie en défauts inséparables des qualités les plus éminentes.

  Mais alors, selon vous, dira-t-on, l’homme sans personnalité est aussi sans défauts ?

  Point du tout : car un être humain sans personnalité est un cas impossible. Tout être humain a une personnalité, petite ou grande, particulière ou semblable à beaucoup d’autres, et lorsqu’on dit de quelqu’un qu’il a une « Personnalité » avec un grand P, c’est une façon de parler qui signifie que sa personnalité est plus forte que celle de la plupart, c’est-à-dire qu’il a, non pas plus de défauts ou des défauts plus grands que les autres, mais des défauts très particuliers parce qu’il possède des qualités exceptionnelles, alors que d’autres ont des qualités moins exceptionnelles et des défauts plus courants.

  Un exemple de défaut inhérent à une qualité éminente : le héros du roman de Balzac intitulé « La recherche de l’absolu », Balthazar Von Claës, génial homme de science, qui, malgré une grande bonté naturelle, ruina, pour satisfaire sa passion de la découverte scientifique, sa femme et ses enfants.

  Mais pourquoi dira-t-on encore, la personnalité serait-elle constituée davantage par les défauts que par les qualités, et pourquoi la personnalité ne pourrait-elle venir du seul fait de posséder des qualités supérieures ?

  Pourquoi ? Mais parce que le seul fait d’avoir des qualités ne peut suffire à définir un être humain, et qu’un être humain ayant des qualités sans défauts ne serait pas un être humain. Or, il est impossible d’admettre que l’être parfait par définition puisse avoir une personnalité : dirait-on de Dieu, par exemple, qu’il a une personnalité ? D’où il suit : 1° qu’un être parfait ne pouvant posséder de personnalité ; 2° qu’un être humain pouvant, au contraire, en posséder une ; et 3° que la différence entre un être parfait et un être humain étant précisément que le premier est sans défaut et que le second en a, il paraît manifeste que ce qu’on appelle personnalité est constitué par la différence observée entre les deux êtres, c’est-à-dire par les défauts.

  J’ai dit que nous ne concevons pas qu’un être parfait possédât une personnalité. J’ajoute que, pour cet être parfait, le temps n’existant pas, il n’a pas d’avenir et par conséquent pas de projet, et qu’il n’a donc pas à chercher de moyens pour les réaliser.

  Au contraire, tout homme, même le plus grand, a un avenir, des projets : il doit donc songer à constituer cet avenir, à réaliser ces projets, et il lui faut donc par conséquent des moyens pour y parvenir.

  N’est-ce donc pas dans ce moyen, avec tous les aléas qu’il comporte, qu’il faut voir le défaut par définition de toute œuvre humaine si grandiose qu’elle soit ?

  Pour les intentions profondes de l’homme, en effet, elles ne sauraient être mauvaises, puisque l’homme ne peut souhaiter que la solution, en principe la meilleure, à moins d’être dément.

  Mais où les difficultés commencent c’est dans le choix des moyens employés à la réussite de cette meilleure solution, laquelle est proposée sous une forme idéale comme, par exemple : Tous les peuples veulent la paix ou La justice doit triompher, etc.

  Les moyens se révèlent toujours imparfaits à la pratique, quelques fois tout-à-fait inefficaces. Il arrive même que les moyens, peu à peu, d’essai en essai, se détournent de l’idée première jusqu’à la contredire de façon flagrante : « Qui veut la fin veut les moyens », dit-on, mais il est des moyens tels, qu’ils vous portent à renoncer à la fin. Dans les conjonctures les plus heureuses, le moyen réussit là et échoue à côté. Si Jules César, Charlemagne, Louis XIV, Napoléon, ont réussi  merveilleusement en certaines choses, la somme de leurs échecs temporels est pourtant considérable, et ils ont tous échoué quant à la continuité de leur œuvre.

  Certes, la nécessité et la précarité à la fois du moyen paraît bien être, dans la pratique, le défaut constitutionnel de l’être humain.

  Ainsi, prenons n’importe quel maître de l’art, c’est-à-dire un homme qui a produit des chefs-d’œuvre : nous observons qu’aussi prodigieuse qu’ait été sa faculté créatrice, il lui a cependant fallu trouver le moyen propre à lui donner cours. De là des recherches de techniques particulières. De là des réussites foudroyantes, certes, mais aussi des endroits où cette technique reste impuissante à exprimer toute l’intention du maître, et où elle n’est plus qu’un signe vide qui montre sa fragilité et ses bornes.

  Sans doute, à Waterloo, dans la défaite même, on admire encore la technique de Napoléon qui fut celle d’Austerlitz, de Wagram, d’Iéna. Pourtant, lorsque le procédé n’est plus accompagné de réussite, il n’offre alors qu’un aspect arbitraire qu’on tiendrait pour un ensemble de défauts plus ou moins ridicules s’il n’avait quelques fois donné forme à des chefs-d’œuvre.

  C’est de ce point de vue, celui des défauts, qu’on doit examiner le rôle des imitateurs du génie.

  L’imitateur du génie n’a pas de génie car s’il en avait il n’aurait pas lieu de l’imiter.

  Puisque l’imitateur du génie n’a pas de génie, il ne peut imiter, dans l’œuvre géniale, que ce qui n’est pas le génie, c’est-à-dire les défauts, on pourrait aussi dire la manière, qui  est incontestablement un défaut.

  Mais le génie, nous l’avons vu, est accompagné de défauts qui sont toujours inhabituels et souvent inattendus. Et puisque les défauts du génie sont toujours singuliers, exceptionnels comme le génie lui-même, l’imitateur doit affecter des défauts très différents des défauts courants, de façon à faire supposer que ces défauts paraissant exceptionnels résultent d’un génie exceptionnel.

  Cela explique fort bien les aspects plus que bizarres, voulus, outrés, d’un grand nombre d’œuvres de simulateurs modernes du génie : on fait étalage de singularités qui ne sont jamais assez provocantes, cherchant ainsi à créer une confusion entre la singularité des défauts et le génie.

  Mais l’observateur lucide finit bien par n’y voir que ce qu’il y a réellement : l’envers d’un décor qui n’aurait pas d’endroit, une contrepartie qui n’aurait pas de partie.

  Il est vrai que pour ceux qui croient inébranlablement que le génie et la personnalité ne font qu’un, ils n’hésitent pas à prendre les plus misérables et les plus ridicules défauts pour une grande personnalité, et partant, une grande personnalité pour le génie, arrivant ainsi à confondre le génie, seul point commun que les hommes aient avec Dieu, et la personnalité, l’une des choses qui nous séparent le plus de la divinité.

  Peut-on éviter d’avoir une personnalité ? Non, pas plus qu’on ne peut éviter d’avoir des défauts : qui veut faire l’ange fait la bête.

  Doit-on se baser sur la personnalité d’un être pour mesurer son talent ? Non, pas plus qu’il n’est permis de dire que plus une femme boite plus elle est belle.

  Comment discerner le génie dans les arts plastiques ? Vraisemblablement dans la plus grande force unie à la plus grande délicatesse du dessin et de la couleur.

  Mais ceci est le sujet d’un autre article.

                                                                                                                      L.G.