« Picasso et la guerre », Guernica.

Reproduction murale (en carreaux de faïence) du tableau dans la ville de Guernica.

 

  On n’en finira donc jamais : une exposition Picasso n’est pas encore terminée ici, qu’on en annonce une autre là !

  Il faut bien dire que la production pléthorique de l’espagnol est une véritable manne pour remplir les caisses de tous les musées de France et de Navarre. Appuyé  à chaque exposition par une médiatisation tapageuse, Picasso est décliné dans tous les thèmes : actuellement, « Picasso et la Guerre »au musée de l’Armée. Et tous les prétextes, jusqu’aux plus absurdes, sont bons pour en parler (n’a-t-on pas entendu ces jours-ci, sur France Inter, dans l’émission d’Augustin Trapenard, ce dernier rappeler la liaison entre son invité du jour, un cuisinier venu parler de son amour écologique  pour les légumes de saison, et l’exposition susdite ? Vous ne voyez pas le rapport ?  Mais si, allons ! Le topinambour, légume symbolique de la disette alimentaire pendant la guerre de 39-45 !

  L’ennui c’est que des topinambours, il n’est pas sûr que Picasso en ait mangé beaucoup pendant la guerre.  Si l’on en croit Werner Lange , Picasso était plutôt adepte d’un clandé  parisien de la rue Dauphine approvisionné par le marché noir « où l’on pouvait manger à sa guise des choses incroyable : pâtés, rôtis, choux à la crème… Tout ce qu’on ne trouvait nulle part ! » Seuls des privilégiés pouvaient accéder à « ce lieu vraiment magique, ce refuge culinaire » ; pour ça, « il fallait, bien sûr, être connu et reconnu ». C’était de toute évidence le cas de Picasso, accompagné de sa maîtresse Dora Maar et de son lévrier afghan. « Une fois par mois, une réunion d’artistes avait lieu chez les Trois sœurs. Bien arrosée, cela va de soi. »

  Werner Lange, officier allemand de la propagandastaffel,  francophile et cultivé, en charge de contrôler le milieu artistique parisien sous l’Occupation —tâche qu’il semble avoir remplie avec  beaucoup plus de curiosité bienveillante envers les artistes que de zèle à les surveiller—  se trouva un soir dans ce restaurant, invité à la table de Picasso. « Picasso sut exactement qui j’étais », nous dit Werner Lange. « La soirée fut très agréable ». « Le lendemain matin, le Tout-Paris des arts allait apprendre la nouvelle, et le prix des tableaux de Picasso monterait ».

  La soirée ne s’arrêta pas là. Lange continue son récit.

  « Après cet intermède amusant, nous allâmes prendre le café chez Maratier, qui habitait à deux pas du restaurant, quai de l’Horloge, juste en face du Palais de justice. Le salon de Maratier était bourré de dessins et de tableaux, dont de très beaux nus de Picasso » […]

  « Le temps passait. L’heure du couvre-feu était proche. Picasso regarda l’heure, puis s’adressa à moi avec un sourire narquois.

  « Monsieur, me dit-il, il nous faut partir, couvre-feu oblige. Sinon, vous le savez bien, les allemands vont nous arrêter. »

  La plaisanterie était sans danger auprès d’un officier allemand aussi débonnaire et complaisant que Werner Lange, qui n’était pas un nazi et fermait les yeux sur beaucoup de choses.

  « Picasso, nous dit encore ce dernier, était resté à Paris, et continuait à  vivre et à travailler chez lui, rue des Grands Augustins. Si Picasso s’était manifesté d’une manière ou d’une autre, j’aurais dû sévir, conformément aux instructions reçues. Mais tant qu’il gardait le silence, tant qu’il ne se manifestait pas justement, je n’avais pas à intervenir […] De plus, son marchand, Henri Kahnweiler, ayant quitté Paris, et pour cause, Picasso n’exposait pas et n’avait donc pas affaire à moi [...] Kahnweiler avait quitté la France, parce que juif. Mais en prenant ses précautions. Sa galerie était officiellement propriété de sa fidèle collaboratrice et belle-sœur, Louise Leiris, qui n’avait pas une goutte de sang juif. La galerie Leiris évitait d’organiser des événements, d’attirer l’attention sur elle, et sa propriétaire faisait preuve d’une grande prudence. Il n’y avait donc aucune raison que je m’y rende. Je ne m’y suis donc jamais rendu. C’était mieux ainsi. »(1)

  On devine par ces derniers mots que Werner Lange n’était pas dupe, et qu’il savait très bien  que les affaires de Picasso se traitaient dans cette galerie, discrètement.

  Quant à « Guernica », peindre une toile pour stigmatiser les horreurs de la guerre, l’intention peut être louable si elle n’est pas prétexte à utiliser un événement dramatique pour faire parler de soi avant tout. Quoiqu’il en soit, la politique est une chose et la peinture en est une autre : la meilleure intention sociale, politique, philosophique, morale ou religieuse ne fera jamais d’un mauvais tableau un bon. « Guernica » est-il un  bon tableau en tant qu’œuvre d’art plastique ? Toute la question est là et — quoiqu’en disent tous les discoureurs de l’œuvre de Picasso et Picasso lui-même — pas ailleurs. On a fait des commentaires sans fin et livré mille interprétations généralement futiles sur « Guernica ».  Picasso devait se réjouir malignement de cette effervescence car, pour lui, ce qui importait par-dessus tout était qu’on parle de lui, en bien ou en mal, pourvu qu’on en parle.  Lui-même, quand on lui posait la question sur « Guernica », répondait avec sa nébulosité coutumière quand il parlait de peinture :

  « La peinture n'est pas destinée à décorer les appartements. C'est une arme offensive et défensive contre l'ennemi. Ce taureau est un taureau et ce cheval est un cheval. Si vous attribuez une interprétation à certains éléments de mes peintures, il se peut que cela soit tout à fait juste, mais je ne souhaite pas livrer cette interprétation. Les idées et les conclusions auxquelles vous parvenez, moi aussi je les ai obtenues, mais instinctivement, inconsciemment. Je peins pour la peinture. Je peins les choses pour ce qu'elles sont. »

  Propos incohérent pour qui se donnera la peine de le décortiquer, mais qui fait la joie de tous les Homais de la critique d’art, avides de ce genre de phrase nébuleuse offrant l’apparence trompeuse de la profondeur.

  « Guernica » a fait aussi l’objet d’une anecdote au service de la légende d’un Picasso bravant les nazis sous l’Occupation.

  Picasso, qui vivait rue des Grands Augustins à Paris, aurait reçu la visite d'Otto Abetz, l'ambassadeur nazi. Ce dernier lui aurait demandé devant une photo de la toile de Guernica (alors conservée à New York au MOMA) : « C'est vous qui avez fait cela ? », Picasso aurait répondu : « Non… vous. » De plus, aux visiteurs allemands des années 1940, il distribuait des photos de Guernica, les narguant d'un « Emportez-les. Souvenirs, souvenirs ! »

  Cette anecdote sent bon la fanfaronnade, sinon inventée de toute pièce, du moins arrangée. Même si elle était rigoureusement vraie, elle se retournerait plutôt contre l’idée que certains voudraient nous donner d’un Picasso persécuté par les nazis. Car, franchement, un ambassadeur nazi prenant la peine de rendre une visite privée à Picasso à son domicile et se laissant fustiger sans représailles, il faut avouer que beaucoup de gens de cette époque auraient aimé avoir affaire à des nazis aussi débonnaires !

  La vérité est sans doute que les nazis méprisaient la peinture de Picasso mais qu’ils avaient d’autres résistants à fouetter que ce résistant de pacotille.

  Nous sommes donc assez loin du Picasso persécuté par les nazis et leur tenant tête avec bravoure que les inconditionnels du peintre voudraient nous montrer.

  Certes, la chose est entendue, d’une manière générale les nazis détestaient Picasso — mais pas seulement les nazis, bien d’autres qui n’étaient ni nazis, ni allemands, ni collabos, le détestaient tout autant, et, paradoxalement, c’est à la Libération que Picasso rencontra le plus d’hostilité : «Depuis la Libération de Paris, rappelle James Lord , il avait été l'objet de plus en plus d'ennuis, une de ses expositions avait provoqué un scandale public et il recevait constamment des lettres d’insultes » (2)—  Son adhésion  d’alors au parti communiste n’est sans doute pas tout-à-fait étrangère à cette hostilité contre laquelle le parti communiste lui offrait un rempart.

   Il faut donc en rabattre beaucoup sur la légende d’un Picasso bravant l’ennemi. Il semble bien que son « héroïsme » se soit borné à quelques rodomontades et a blâmer l’attitude de certains de ses confrères, ainsi que celle de ses amis Cocteau et Gertrude Stein, pendant que lui-même paraît avoir été davantage soucieux de son confort et de sa sécurité que réellement des malheurs que la guerre infligeait aux autres. Lorsque, au moment de la bataille des Ardennes, James Lord lui demande «  ce qu’il ferait si les allemands  réussissaient à reprendre Paris. « Continuer à peindre » répondit-il. Tout ce qu’il attendait de la vie était d’être libre de continuer à travailler. L’ironie du sort, ajouta-t-il, avait fait que les années de guerre avaient été les plus paisibles de sa carrière. »

  Je ne cherche pas à accabler Picasso de son comportement pendant la guerre, lequel, en somme, fut probablement celui de beaucoup de gens de son milieu, mais, justement, c’est bien parce qu’il fut celui de beaucoup de gens de son milieu qu’il est insupportable de vouloir nous faire croire qu’il fut celui d’un homme de grande conviction et de grand courage, et encore plus insupportable de savoir qu’ à la Libération, il fut érigé, lui l’espagnol, en juge de confrères français !

  La légende de Picasso, autant celle de l’homme que celle de l’artiste,  a été ainsi tissée de beaucoup trop de petits et grands mensonges que trop de gens ont intérêt à accréditer.

  Notes : 1- Werner Lange ("Les artistes en France sous l'Occupation", Editions du Rocher, pages 75 et suivantes)

            2- James Lord ("Picasso et Dora", Editions Séguier, page 36)

Un réquisitoire accablant contre Pablo Picasso

Catalogue raisonné de l'oeuvre peinte de José Ruiz Blasco, père de Pablo Picasso, par Romulo Antonio Tenés.

  Après validation comme ouvrage classé « scientifique » par le ministère de la culture espagnole, et après observation du délai légal pour permettre au Musée Picasso de Barcelone et au Musée National de la reine Sofià de faire éventuellement appel de cette décision, Le catalogue raisonné de l’œuvre peinte de José Ruiz Blasco par Romulo Antonio Tenés vient d’être publié en Espagne par Amazon, en version Kindle et en langue espagnole.

  Un tel nom pourrait laisser indifférent, si José Ruiz Blasco n’était autre que le père du célébrissime Pablo Picasso.

  Une autre raison d’être fortement intrigué par ce catalogue, c’est qu’il constitue une charge des plus accablantes contre celui que beaucoup considèrent comme le plus grand peintre de son temps, mais qui est ici  rabaissé au rang d’escroc ayant pillé l’œuvre de son père pour se constituer une légende d’enfant prodige.

  En effet, l’auteur du catalogue affirme, documents troublants et expertises à l’appui, que de nombreuses œuvres attribuées à l’enfance et à l’adolescence de Picasso sont en réalité de son père et que les signatures en ont été falsifiées.

  Mais, selon Romulo Antonio Tenés, l’infamie ne s’arrête pas là. Picasso, pour mieux dissimuler son forfait, se serait évertué à rejeter dans l’ombre la mémoire de son père, le faisant passer pour un raté et poussant la veuve de ce dernier à témoigner en sa faveur à lui, leur fils Pablo, lors d’un étrange procès (le procès Merli) où, en 1935, il se trouva aux prises avec un marchand de tableaux qui affirmait avoir acheté un grand nombre d’œuvres de José Ruiz Blasco à sa veuve tandis que lui, le fils, prétendait en être l’auteur.  A ce jour, personne ne sait ce que sont devenues ces toiles.

  L’histoire de José Ruiz Blasco semble donc être un peu différente de ce que son fils a voulu en laisser paraître. Si José Ruiz Blasco n’est pas un grand peintre, il n’est pas non plus le raté que les biographes complaisants de Picasso se sont contentés de nous présenter sans jamais vraiment chercher à le connaître ni, surtout, à approfondir la relation du père avec son fils. Pourtant, cette relation est assez révélatrice : elle nous montre qu’avant de déprécier gravement son père, le petit  Pablo, dyslexique, acalculique ( voire atteint de prosopagnosie, selon Tenés), lui était très attaché et dans une grande dépendance — au point que face à l’incapacité de son fils à suivre une scolarité normale, José Ruiz lui fera obtenir un faux certificat d’étude grâce à ses relations dans le milieu de l’enseignement (l’anecdote est racontée de manière très circonstanciée par Picasso lui-même à son fidèle secrétaire, Jaime Sabartés, qui la rapportera dans son livre Portraits et Souvenirs, Edition l'école des lettres 1945, pages 55 et suivantes).

  La fraude concernant de fausses attributions d’œuvres dénoncée par Tenés dans son ouvrage — qui est beaucoup plus qu’un simple catalogue raisonné — met en cause tellement d’œuvres attribuées à Picasso que même un farouche détracteur de cet artiste  peut avoir du mal à en admettre toute l’étendue.  L’auteur ne s’arrête pas là, et quand il prétend que Picasso n’a rien peint de significatif avant un âge assez avancé, on peut se demander si à trop vouloir démontrer la supercherie du soi-disant prodige il ne s’est pas laissé gagner par une sorte de paranoïa. Quoiqu’il en soit, cette publication constitue un violent réquisitoire qui devrait inciter d’autres investigateurs, historiens ou journalistes dégagés de tout intérêt ou préjugé à l’égard de Picasso, à se pencher sur les graves questions qu'il soulève.

  Les personnes intéressées par cette affaire trouveront le livre de Tenés par le lien suivant. Il est en espagnol. Celles qui ne lisent pas cette langue pourront utiliser la traduction automatique, loin d’être parfaite mais suffisante pour saisir beaucoup de choses.

https://www.amazon.es/PICASSO-desvela-fraudulenta-herederos-Picasso-ebook/dp/B00GAYRPU8/ref=sr_1_1?__mk_es_ES=%C3%85M%C3%85%C5%BD%C3%95%C3%91&keywords=Jos%C3%A9+Ruiz+Blasco+Cat%C3%A1logo+Razonado&qid=1558861817&s=digital-text&sr=1-1 

Art contemporain : le grand foutage de gueule

Par Mikaël Faujour (article du 2 mars 2019 paru dans l'hebdomadaire Mariane)

A lire ici : https://www.marianne.net/culture/art-contemporain-le-grand-foutage-de-gueule#disqus_thread

LES INVASIONS « BARBE-ART »

Bombes aérosol pour tagueurs

 

  

 

  Nietzsche définissait ironiquement la culture comme étant « essentiellement le moyen de tourner le goût contre l’exception au profit de la moyenne ».

  C’est bien ce que nous constatons aujourd’hui avec une « médiocratisation » exponentielle de l’art et de la culture, un égalitarisme démagogique nivelant toujours plus bas. Le monde des artistes, un peu comme un corps en putréfaction, s’affaisse sur lui-même à mesure qu’il  s’étend en flaque nauséabonde.

  Sans doute, les « graffitis » sont vieux comme le monde, et certains peuvent être amusants, parfois même ne pas manquer d’un certain talent. Mais il a fallu notre époque de décadence et de démagogie artistique  pour l’élever à un tel rang. La mode est au « street-art ». Il n’est plus le moindre gribouilleur, graffeur, tagueur armé d’une bombe de peinture  qui ne se prenne pour un Michel-Ange en herbe. Les murs de nos villes, qui n’avaient pourtant pas besoin de ce surcroit de laideur après leur envahissement par les panneaux publicitaires,  se couvrent de fresques rivalisant la plupart du temps par le mauvais goût et la nullité artistique.

  Certaines municipalités (celle de Rennes, par exemple), dans un élan ostentatoire de démocratie et de modernité, autorisent, voire encouragent ces manifestations. Ces municipalités se trouvent alors confrontées à un dilemme : être submergées par des graffitis dont se plaignent beaucoup de citoyens et qui sont en principe interdit par la loi, ou leur donner un cadre officiel qui va à l’encontre de l’esprit du street-art qui  est essentiellement anarchiste.

  On sent bien que ces municipalités, un peu embarrassées, aimeraient tout de même pouvoir sélectionner pour s’éviter le pire.

  C’est ici que l’affaire se gâte. Car une sélection appelle des critères de sélection. Or, voici longtemps que tous les critères traditionnels en matière d’art ont été mis à mal et que les nouveaux sont tellement insaisissables  qu’ils  permettent aux plus mauvais artistes comme aux mystificateurs de prétendre sans vergogne aux premières places.

  Certes, la chose n’est pas nouvelle car les œuvres de l’art moderne officiel du XX° siècle que les fonctionnaires des beaux-arts de l’époque  ont agréées, ainsi que les œuvres de l’ « art-contemporain» du XXI° qui ornent tout aussi officiellement certains espaces publics, ont été choisies selon les mêmes critères insaisissables.

  Mais dans le cas du street-art, la plaie menace de s’étendre encore plus dangereusement puisque le principe de cette forme d’art est de s’exprimer dans un espace public au mépris de toutes les  réglementations en vigueur. Il sera donc très difficile pour les municipalités bien disposées à l’égard du street-art d’imposer une sélection et, donc, d’endiguer ces invasions « barbe-art ».

  En outre, les adeptes du street-art, qui avaient à l’origine un côté sympathique se targuant de mépriser (sincèrement ou non) la notoriété et l’argent, s’avisent  de plus en plus qu’ils seraient bien sots de se priver de ces deux choses dont bénéficient les  vedettes de l’ « art-contemporain », lesquelles ne démontrent pas de manière évidente qu’elles valent mieux qu’eux.

  Dès lors, les murs des villes deviennent des supports de publicité sauvage pour les « street-artistes » qui n’ambitionnent plus que d’être « découverts » par ces agents d’un genre nouveau sillonnant les rues à la recherche de « talents », et rejoindre ainsi les rangs de l’art-contemporain officiel.

  Disons-le sans ambages,  il y a une origine commune entre les représentants de l’art-contemporain officiel  et ceux (dont les « street-artistes » font partie) d’un art soi-disant dissident et indépendant, mais qui,  en réalité, a été formaté par les mêmes  courants de destruction de l’art figuratif qui étaient en vogue au XX° siècle : les premiers comme les seconds ont grandi avec le mépris ou une grande désinvolture à l’égard de l’antique critère de l’imitation de la nature ; aucun  nouveau critère artistique intelligible ne venant  le remplacer.

  Etant ancrés sur le même sol que lui, la plupart des opposants à l’art-contemporain ne peuvent conduire objectivement cette lutte fratricide : leurs chefs de file eux-mêmes se montrent incapables de proposer des critères artistiques concrets pour appuyer sainement leur position et justifier de manière autre que purement subjective leurs choix  parmi les artistes qu’ils approuvent et ceux qu’ils rejettent.  — N’est-ce-pas Nicole Esterolle ?  N’est-ce-pas Aude de Kerros ?

  Les fameux « murs » de Nicole Esterolle ne montrent qu’un amoncellement  hétéroclite de talents très inégaux et de tendances  beaucoup trop diverses pour qu’on  puisse comprendre à quels critères son choix obéit, sinon à celui de ratisser très large pour fédérer derrière-elle la masse des mécontents et des laissés-pour-compte.

Banksy chez Sotheby’s

  6 octobre 2018

 

  La mascarade Banksy chez Sotheby’s, cette nouvelle singerie du monde de l’art, montre bien la stupidité et la médiocrité de notre société sur le plan des choses spirituelles. Ce qui me frappe plus que tout dans cette ménagerie, c’est le comportement des médias —ces médias qui se vantent tellement de leur soi-disant indépendance et de leur soi-disant liberté d’expression. La vérité c’est que tous ces journaux, toutes ces radios, toutes ces télévisions sont globalement d’une complaisance abjecte avec ce milieu de truands en col blanc qui forme ce qu’on appelle le « monde de l’art » —duquel l’art est essentiellement absent : ils ne voient à chacune de ses frasques que matière à sourire ou à s’émerveiller du bon coup de marketing réalisé, et ne semblent jamais s’aviser que c’est à chaque fois un coup que l’on porte au cœur du véritable artiste qui désespère de pouvoir s’exprimer dans un milieu aussi corrompu, d’une bassesse de sentiment affligeante, où le seul véritable idéal est l’argent et le désir de faire parler de soi par n’importe quel moyen.

"Picasso. Chefs-d’œuvre !"

9 septembre 2018

 

 

Monsieur Laurent Lebon, président du musée Picasso de Paris est venu faire sur France Inter ce matin 9 septembre la promo de l’exposition « Picasso. Chefs-d’œuvre ».

 

Laurent Lebon est un de ces fonctionnaires issus de grandes écoles (Sciences po, Ecole du Louvre, pour ce qui concerne ce dernier) qui ont choisi de faire carrière dans le milieu de l’art comme d’autres ont choisi la carrière politique. Leur souci principal est d’avancer toujours dans le sens du vent — c’est-à-dire  de rester bien en phase avec toutes les forces qui, aujourd’hui, font de l’art  une vaste affaire d’argent et de snobisme prétentieux.

 

Laurent Lebon, ancien conservateur du Centre Beaubourg, organisateur de l’exposition Jeff Koons à Versailles en 2008, sympathisant de François Pinault, ne semblait pas s’être intéressé particulièrement à Picasso avant d’être nommé président de l’Hôtel Salé en 2014. Il en est devenu depuis, paraît-il un spécialiste, et c’est en tant que tel qu’il nous a débité ce matin, avec l’aisance verbale qui fait toute l’adresse de ces gens à nous faire prendre des vessie pour des lanternes, les inévitables lieux communs sur le prétendu grand génie du XX° siècle.

 

Les personnes qui ont encore la faculté de ne pas se laisser impressionner par les titres ronflants de ces fonctionnaires des Beaux-Arts —titres qui, malheureusement, ne prouvent plus grand-chose depuis longtemps sur les compétences artistiques de ceux qui en bénéficient— pourront aller voir sur YouTube l’interview par Léa Salamé de Laurent Lebon. Les propos, les interprétations  qu’il donne des œuvres de Picasso accrochées aux murs de l’Hôtel Salé sont affligeantes de puérilité et pourraient s’appliquer à n’importe quels barbouillages.  Evidemment tout ça est ponctué des quelques références historiques convenues qui donnent à l’ensemble un faux air sérieux, sur un ton de pédagogie bon enfant. Le personnage est habillé d’un costume terne qui lui donne l’allure d’un petit employé de bureau, mais  dont il a  soin de marquer son côté anticonformiste en  relevant brièvement le bas de son pantalon pour montrer des chaussettes roses en hommage à la période de même couleur du peintre andalou.

 

Pour en revenir à l’exposition en cours, « Picasso. Chefs-d’œuvre », qui est censée nous faire réfléchir et nous apprendre ce qu’est un chef-d’œuvre, on ne peut être que sceptique sur les enseignements à en tirer si l’on en juge par les propos de Laurent Lebon. Car, pour lui, chez Picasso comme chez la belle de Georges Brassens, « tout est beau, y a rien à jeter », d’égale valeur dans toutes ses périodes : c’est juste le génie protéiforme qui se renouvelle en permanence et transforme en chef-d’œuvre presque malgré lui tout ce qu’il touche. Quand le journaliste  demande ingénument s’il en est de même, ainsi que Picasso s’en vante, lorsqu’il perce une nappe de restaurant en papier avec son cigare incandescent, Laurent Lebon a cette réponse totalement incongrue mais qui ne choque plus personne tellement on s’est accoutumé aux pires sophismes en la matière : « C’est le regard du spectateur qui en fait une œuvre d’art ».

 

Eh bien, non, Monsieur Lebon, ce n’est pas le regard du spectateur qui consacre œuvre d’art une chose laide, médiocre ou stupide, mais l’ignoble propagande véhiculée par les médias avec laquelle  des gens sans probité intellectuelle tels que vous abrutissent le public depuis des décennies. Quant aux 70 000 ou 110 000 œuvres (selon la façon de compter, nous dit-on) produites par Picasso —quand bien même on aurait la générosité de lui accorder une once de génie, il faut avoir le sens commun sérieusement ébranlé pour penser qu’elles puissent représenter autant de chefs-d’œuvre quand on sait que Léonard de Vinci ne doit pas avoir peint plus d’une centaine de tableaux (moins d'une vingtaine qui lui est attribuée avec certitude nous est parvenue), et Vermeer moins de cinquante !

                                                                 *

 

 

 

Jérome Serri, Emmanuel Macron et la culture française

  

Jérôme Serri, directeur des fracs d’Ile de France au début des années 1980, s’en prend à Emmanuel Macron, auquel il reproche ses propos sur la culture française visant à faire de celle-ci quelque chose de pluriculturel plutôt que d’une véritable homogénéité nationale. Il déplore le message ainsi envoyé aux français par lequel il les dépossède de leur sentiment d’appartenance à une culture patriotique bien définie. Jérôme Serri qualifie les propos de Macron de « galimatias ». Puis il nous donne sa vision personnelle de la culture française —du moins, d’un point de vue des arts plastiques.

Sans vouloir rendre un aperçu trop simpliste de la conception de la culture française par Monsieur Serri,  force m’est de constater que les éléments qu’il nous en livre dans son article  laissent un peu à désirer. Il ressort de sa lecture qu’un artiste représenterait la culture française à partir du moment où il peint un jour un drapeau français et s’il montre un esprit de liberté dans son art !

 En effet, Monsieur Serri (qui vient de publier un ouvrage en collaboration intitulé « Les Couleurs de la France ») nous dit : « Tous les grands noms (français ou étrangers) de la peinture, qu'ils fussent impressionnistes, fauves ou cubistes, se sont plu à rendre hommage à notre drapeau. » Puis, réalisant probablement que cet argument du drapeau national pouvait paraître un peu maigre, il l’étoffe de considérations artistiques. Il ajoute donc que ces artistes ont peint notre drapeau  « non point pour des raisons politiques (même si celles-ci ne furent pas toujours absentes) mais parce que leurs paysages, leurs villes, leurs bords de mer appelaient dans leurs ciels l'éclat du tricolore et que celui-ci se prêtait merveilleusement aux différents styles qui allaient se succéder. Ces couleurs étaient certes celles de la République, celles de la liberté inscrite au fronton de nos mairies, mais plus profondément celles d'une liberté créatrice que le Salon officiel leur avait refusée. »

Je ne veux pas faire injure à Monsieur Serri en qualifiant son exposé de « galimatias ». Je dirai donc moins brutalement que c’est de la « littérature » et que les paysages de France, d’un point de vue artistique, n’appellent pas plus les couleurs du drapeau français que celles du drapeau chinois. Dois-je lui rappeler par ailleurs que le drapeau français n’est pas tricolore depuis si longtemps,  et que Watteau, Fragonard ou Chardin n’en représentent pas moins l’art et la culture française que Delacroix ou Manet ?

Quant à la « liberté créatrice », en admettant qu’elle soit l’apanage de la France, pense-t-il  sérieusement qu’elle consacre nécessairement  membre de la culture française  n’importe quel artiste qui en fait usage ? Il suffirait donc à Jeff Koons (qui aurait beau jeu de faire valoir sa « liberté créatrice ») de mettre un drapeau tricolore gonflable à la place de ses « Tulipes » et de s’installer en France, pour représenter la culture française ?

Monsieur Serri, dans son élan patriotique (un peu franchouillard quoiqu’il s’en défende), déclare que «  ce sont nos artistes qui ont opéré l'homme du XXème siècle de la cataracte, qui lui ont permis de voir dans l'art roman, l'art égyptien, l'art africain et combien d'autres à travers le monde et jusqu'au fond des siècles, non plus des formes maladroites mais des styles maîtrisés. »

On voit bien qu’il a pris cette leçon d’histoire de l’art auprès de certains de « nos artistes » qui, pour justifier leur propre maladresse ou leurs déformations arbitraires, se sont ingéniés à faire passer certains arts primitifs et, notamment,  les gaucheries des sincères mais frustres artistes romans pour un art des plus aboutis.

En vérité, Jérôme Serri  appartient à cette arrière-garde nostalgique du  modernisme décadent amorcé avec le Fauvisme.  Ancien activiste de l’art officiel qu’était de son temps la peinture abstraite et le Cubisme, émule de Malraux, fonctionnaire moulé dans la tuyauterie du Centre Beaubourg ,  après avoir semé avec tant d’autres de son acabit  le vent de l’anarchie des Beaux-Arts, il  monte sur ses grands chevaux pour  nous alerter d’une tempête qui, en réalité, a déjà  commencé bien avant qu’il en parle et qu’on pourrait représenter ainsi :

Entre deux grondements de tonnerre, on entend des bribes  de la Marseillaise à l’accent andalou qu’accompagne un violon yiddish. Un éclair déchire les sombres nuées. La silhouette de Picasso jaillit dans la lumière. Le vieux russe Chagall s’accroche à la marinière de l’espagnol goguenard. Au-dessus d’eux, animée par le syndrome de Gille de la Tourette, la figure de Malraux émerge d’un linceul bleu-blanc-rouge. Il  lève un bras, laissant s’échapper une statuette Khmer pillée dans les temples d’Angkor, pointe un doigt tremblant dans les cieux, vers le panthénon des arts français où trônent Jean Fouquet, Jean et François Clouet,  Jean Goujon, Puget,  Nicolas Poussin, Watteau, Fragonard , Chardin, David,  Delacroix, Ingres, Corot, Manet, Degas, Rodin, Monet, Renoir, et, d’une voix théâtrale emplie de trémolos,  lance : « entre ici, Picasso ! »

Quelle que soit la diversité qu’on puisse admettre et même souhaiter dans la culture d’un pays, quelle que soit l’évolution de cette dernière, encore y faut-il  un lien solide et continu entre tous les arts et à travers les siècles, pour pouvoir parler d’UNE culture nationale? N’est-ce pas d’ailleurs ce que prône Jérôme Serri en citant Roland Barthes : « L'œuvre nouvelle, disait celui-ci dans son dernier cours au Collège de France, doit être filiale, c'est à dire qu'elle doit assumer une certaine filiation ». Et Barthes d'ajouter : « Il y a des moments où il faut dire avec Verdi : " Tournons-nous vers le passé, ce sera un progrès". »

Eh bien, pour ma part, je ne vois pas de filiation entre certains artistes du XX° siècle, qu’ils soient ou non d’origine étrangère, et quelle que soit leur renommée, et ceux qui de Fouquet à Renoir figurent dans la liste que j’ai citée plus haut. J’ajoute que lorsque ces artistes du XX° siècle se sont tournés vers le passé, ce fut pour mentir à son sujet ou pour lui cracher dessus —et ce ne fut pas un progrès.  Du reste, il est intéressant de confronter l’adoubement  que Jérôme Serri  accorde à Picasso (un « aristocrate de l’art », selon lui !) avec ce qu’il dit du « mot d'ordre avant-gardiste un petit peu terroriste » que fut « le mot de déconstruction ». Monsieur Serri  ignore-t-il cette déclaration de Picasso : « Un tableau est une somme de destruction » ? Ne lui semble-t-il pas qu’entre « déconstruction » et « destruction » il y a, pour le coup, un lien évident ?

Bref, n’en déplaise à Jérôme Serri : pour moi  —soit certains artistes du XX° siècle qu’il cite sont des intrus dans le panthéon de la culture française, soit c’est Macron qui a raison de parler de cultures françaises au pluriel. Où alors, il faudra que Jérôme Serri me donne des arguments plus décisifs qu’un drapeau tricolore et une nébuleuse « liberté créatrice ». Mais, franchement, je ne vois pas lesquels.

Pour le reste, je suis bien d’accord avec Monsieur Serri quand il dénonce « ces politiques culturelles avec leurs surenchères démagogiques qui font prendre des vessies pour des lanternes et des maillots de bain en métal pour des œuvres d'art. » Mais pour être tout à fait convaincant, Monsieur Serri,  il faut s’assurer qu’on n’a pas soi-même pris trop longtemps des vessies pour des lanternes.

"Science et Charité"

"Science et Charité"

  Romulo Antonio Tenés ne lache pas l'affaire. Dénonçant depuis 2002 les fausses paternités d'oeuvres attribuées à Picasso pour sa période figurative de prime jeunesse, il vient de porter plainte devant le Procureur Général de l'Etat espagnol contre  la RTVE (Radio Télévision Espagnol) et l'agence EFE pour avoir diffusé "des faussetés dûments prouvées et documentées" en affirmant que la toile "Science et Charité" exposée au Musée Picasso de Barcelone est de Picasso. Tenés affirme, lui, qu'il est prouvé que cette toile est en réalité de José Garnelo Alda et il réclame que cette oeuvre soit restituée à ce peintre et au Musée qui lui est consacré à Montilla dans la province de Cordoue. (voir ci-dessous l'acte officiel original en espagnol)

"l'ABC de l'Art dit Contemporain"

 

 "l'ABC de l'Art dit Contemporain" de Nicole Esterolle vient de paraître aux éditions Jean-Cyrille Godefroy.

Découvrir le livre de Nicole Esterolle

Cet ouvrage se propose comme remède reconstituant, régénérant, reconstructif, pour panser les plaies vives résultant de quarante années de « déconstruction », de « burénisation », de « désartification » systématique de l’art, et de persécution de la peinture.

Il apportera, je l’espère, informations et éléments de réflexion, de façon aussi ludique et roborative que possible, afin de nettoyer le paysage de l’art de ses monstrueuses enflures dites contemporaines, lesquelles, en obstruant la vue, la vie de la pensée, et la respiration des citoyens, empêchent la révélation de la création d’aujourd’hui, qui n’a jamais été aussi belle, abondante et diversifiée.

La preuve de l’existence et de la richesse de cette création est donnée à la fin de ce livre, avec une liste, non exhaustive, de quelques 2500 artistes que j’ai « cueillis » en me promenant sur internet, et que j’aime. Chacun d’eux est libre, habité, inventif, courageux, généreux, déterminé, sincère, intègre, unique, surprenant, et réellement « contemporain ».

Je souhaite que ce livre, qui est l’indispensable « matérialisation papier » souhaitée par beaucoup des lecteurs de mes chroniques sur internet, puisse bénéficier de votre amical soutien pour sa diffusion auprès de tous ceux que le sujet est susceptible d’intéresser. Grand merci à vous tous.

Je remercie mes amis

Aude de Kerros, Christine Sourgins, Jean-Pierre Cramoisan, François Derivery et Christian Noorbergen, et toute l'équipe de Active-Art pour leur aimable et complice contribution aux définitions de quelques-uns des mots de cet abécédaire.
 

 
Lire la chronique sur le 
www.schtroumpf-emergent.com


 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 PICASSO, LA PLUS GRANDE ESCROQUERIE DE L'HISTOIRE DE L'ART ?

 

  Sans doute — soit malhonnêteté, soit crédulité, soit paresse intellectuelle, soit goût du canular — les réseaux sociaux regorgent de fausses informations, et nous ne serons jamais trop prudents à l’égard des « révélations choc » que l’on y peut rencontrer.

  Il en est une concernant le peintre  Picasso qui court depuis de trop nombreuses années, avec des accusations trop précises s’appuyant sur une abondante documentation qui a fait l’objet à ce jour de sept volumes édités et publiés en Espagne, avec trop de vraisemblance et de probabilité eu égard à bien des aspects troublants de l’œuvre de cet artiste, pour ne pas au moins être prise en considération — et l’on est en droit de s’étonner du manque de réactions et d’investigations de la part des médias. On peut d’ailleurs s’étonner aussi que les héritiers de Picasso ne réagissent pas davantage devant des accusations publiques aussi graves.

  L’accusateur, Romulo Antonio Tenés, est un personnage dont les motivations ne sont peut-être pas sans arrière-pensée car il possède un tableau qu’il prétend être de Picasso, mais dont les héritiers du peintre refusent de lui accorder le certificat d’authenticité. Ce refus a-t-il  déclenché les foudres de Tenés qui avait la certitude que ces mêmes héritiers avaient accordé des certificats à de nombreux faux Picasso ?

  Toujours est-il que Tenés, qui s’intitule "investigador desde 1974 de la fraudulenta vida y obra de Pablo Ruiz Picasso" (investigateur depuis 1974 de la vie et de l'œuvre de Pablo Ruiz Picasso), porte des accusations extrêmement graves contre le peintre et ses héritiers. 

 Tenés met en cause dans son livre "reconnu ouvrage scientifique par le Ministère de la Culture espagnol",  l'authenticité des œuvres figuratives de la jeunesse de Picasso entre 1891 et 1906 qui seraient majoritairement des œuvres de son père et d'autres peintres. L'accusation  est d'autant plus grave qu'elle vise la probité de Picasso qui serait lui-même, selon Tenés, à l'origine de la fraude, laquelle aurait-été dans ce cas couverte implicitement, sciemment ou non —soit par mercantilisme soit par incompétence, aveuglement ou ignorance, par les héritiers et par un nombre considérable de personnes appartenant au monde de l'art officiel ou privé de plusieurs pays. D'autre part, c'est tout le mythe soigneusement entretenu du Picasso enfant prodige dessinant "comme Ingres" dès son plus jeune âge qui s'effondrerait (en tout cas, pour ceux qui auraient cru un jour à cette invraisemblable légende). Il s'agirait alors, pour reprendre les propres mots de Tenés, de "la Mayor Estafa de la Historia del Arte" (la plus grande escroquerie de l'Histoire de l'Art).

  Tenés accuse, par ailleurs, Paul Ruiz, le fils de Picasso, d'avoir "certifié frauduleusement 786 oeuvres attribuées à Picasso sans signature ni date".

  Le livre de Romulio-Antonio Tenés est disponible en espagnol sur Amazon depuis 2014 (en version kindle). Un septième volume  vient de paraître en 2017. Tenés  prétend aussi que les Picasso exposés au musée Picasso de Barcelone sont pour un quart des faux.  Il affirme encore que le "Portrait d'Olga" faisant l'affiche de l'exposition au musée Picasso de Paris ( du 21 mars au 3 septembre 2017 ) est un faux ! Il reproche à ces musées de se refuser à une expertise scientifique indépendante.

  Voir les documents ci-dessous, pour ceux qui lisent l'espagnol, ainsi qu'une lettre de Tenés adressée à l'avocat des Le Guennec. 

  A chacun de se faire une idée en approfondissant sérieusement les choses par lui-même.

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  5. En PICASSO CAOS, Volumen 7, se detallará la falsedad de este cuadro atribuido fraudulentamente a Picasso

     

  6. Cuadros de rotunda falsedad, atribuidos fraudulentamente a Picasso por Claude Ruiz Gilot en el Tribunal de Grasse. Perjurio.

     

     

    PICASSO. Un Informe Científico sobre su fraudulenta vida y obra

    Del trastorno obsesivo compulsivo del niño Pablo Ruiz Picasso, de nueve años.

    Sin embargo, las Universidades se niegan a aceptar la evidencia, y la incapacidad del niño, y joven Pablo, para pintar de manera clásica, o realista. En Cahiers d´Art, 1931, Picasso materializa el robo de 80 obras pictóricas de su padre, José Ruiz Blasco. Nadie investiga; menos aún cuestiona semejante anomalía contra natura.

    Picasso, ya adulto, confiesa a Jaime Sabartés: “En la escuela, toda su atención era absorbida por el reloj y el movimiento de sus agujas, cual si pretendiera hacer pasar el tiempo más aprisa, y la llegada de la hora en que su padre lo recogía.

    – A la una… A la una… A la una…

    – Es increíble, recordaba más adelante, absorto, yo me fijaba en el reloj, los ojos levantados; la cabeza torcida.  A la una… A la una…

    – Como un idiota. Repetía.

    A pesar de todos sus esfuerzos, no conseguía asimilar los elementos rudimentarios de las lecciones de gramática y aritmética:

    – Uno y uno, dos; dos y uno…, etc. No había manera de que me entrara.

    – No creas que no me esforzaba. Yo insistía, trataba de concentrarme…      Veamos… dos y uno… ¡A la una! ¡Ah!.. Nada. Imposible. Empezaba de nuevo, pero, volvía a perderme… Sólo pensaba en la hora en que terminaba la clase, temeroso de que me abandonaran ahí. Por ello, me levantaba…, iba a los lavabos, o no importa dónde, sin siquiera pedir permiso al maestro…” […] (*)

    (*) Jaime Sabartés. Picasso, Portrats et souvenirs. Carré & Vox, 1945, pp. 55, 56, 57 y 58.  Original en francés. Traducción de Rómulo-Antonio Tenés.

    NOTA: El trastorno obsesivo compulsivo (TOC) se manifiesta en una constante ansiedad. Y con frecuencia va unido a la dislexia.

    POR REAL ORDEN DE 5 DE ABRIL DE 1891, JOSÉ RUIZ BLASCO ES NOMBRADO PROFESOR NUMERARIO EN LA CORUÑA

    José falsifica el examen de su hijo, Pablo, de 25 de Junio de 1891 en Segunda Enseñanza

    El principio de la Mayor Estafa de la Historia del Arte

    José Ruiz Blasco viaja entonces de Málaga a La Coruña; comparece, formaliza el nombramiento en el Instituto da Guarda, y escribe a María, su esposa:

    “P.D. El día 27 tomo posesión de la cátedra y a finales de mayo seguramente ya podré regresar a Málaga para pasar el verano. No te olvides de hablarle a nuestro hermano para que te reserve pasajes en septiembre en el barco que hace la línea Málaga-La Coruña. Más besos”

    José Ruiz escribiría de nuevo a María que “La Coruña es una ciudad muy agradable. Os gustará”

    Ángel Padín, Los años coruñeses de Picasso, p. 27, Diputación de La Coruña.

    José Ruiz Blasco regresa a Málaga y visita a un colega profesor; a quien pide falsificar un inexistente examen de Pablo, quien forzosamente padecía permanente fracaso escolar, a fin de validarlo en La Coruña:

    En el Instituto de Segunda Enseñanza de la Provincia de Málaga, 25 de junio de 1891

    – De acuerdo, ya veremos cómo arreglarlo. Que se pase tu hijo Pablo por aquí.

    José Ruiz, ruborizado al máximo:

    – No sabe nada;  ni la “o” con un canuto.

    El profesor del Instituto, indulgente con su colega, se portó como era de esperar. Sobre todo… José Ruiz acaba de ser ascendido por Real Orden ¿qué repercusión podría tener dicha falsedad, puesto que la familia Ruiz partía hacia La Coruña?

    Con no poca incredulidad del profesor del Instituto, José Ruiz abre un libro de filosofía y, de su propia mano, copia la frase correspondiente del “falso dictado” en la parte izquierda del formulario de examen.

    Fácil es indicar como la moral pondrá todas las esferas de la vida, abarcándolas en un completo organismo.

     

    Pablo Ruiz Picasso

    Repetimos, semejante escritura de alta jerarquía y frase aristotélica, imposible en un niño de nueve años, iletrado, ha sido errónea y fatalmente asumida por la Universidad; propiciando la Mayor Estafa de la Historia del Arte.

    Rómulo-Antonio Tenés. Madrid, España. Pintor. Investigador desde 1974 de la fraudulenta vida y obra de Pablo Ruiz Picasso.

     FUNDAMENTOS DE DERECHO: 

     ÚNICO.- No está basada esta investigación, y exposición de hechos, en divergencias de criterio entre expertos en arte; sino, antes bien, en minucioso Informe Pericial Caligráfico de 27.12.2002, estructurado por Rómulo-Antonio Tenés, y avalado por dos reconocidas peritos calígrafos judiciales de Barcelona, Rosa Torrents Botey y Silvia Tarrago Goarré, conforme al rigor científico y Ley de Enjuiciamiento Criminal español. El Informe está registrado en el Congreso de los Diputados, Senado, Fiscal General del Estado español y Juzgado Central de Instrucción nº 4 de Madrid (Audiencia Nacional) Diligencias Previas 188/2003-R.

    En este espacio se publicarán y examinarán parte de los documentos fraudulentos de Pablo Ruiz Picasso que conforman la Mayor Estafa de la Historia del Arte, estafa comenzada por su padre, José Ruiz Blasco en 1891, en el primer falso examen de Enseñanza Primaria; continuada por Picasso a lo largo de toda su vida, y materializada con fondos del erario público por el Ayuntamiento de Barcelona, responsable del Museo Picasso de la ciudad.

    Seguida dicha estafa por sus herederos, mediante Picasso Administration S. A., entidad lucrativa con sede en París

    Mas información en http://www.picasso-caos.com   y Amazon Kindle Books, 7 volúmenes.

     
     
     
     
     Todos los cuadros "de Picasso" anteriores al 1919 conteniendo Blanco
    de Titanio son de rotunda falsedad.
    1. Administrativo contra y Ayuntamiento de Barcelona. El Legajo de Sabartés ha de abrirse públicamente.

       
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  8. La fraudulenta Donación Picasso a de Barcelona en 1970 era de la familia Vilató (obra de José Ruiz Blasco) padre de Picasso.

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