PORTRAITS

 Léon Gard n'aimait guère les reproductions photographiques (surtout en couleurs ) dont il ne manquait pas de souligner la vulgarité et la trahison à l'égard des peintures originales :

   Les reproductions d'œuvre d'art en couleurs ne sont ni exactes envers l'original ni exactes entre elles : plus jaunes, plus bleues, plus mauves, plus grises, etc.

  Ces nuances qui peuvent paraître négligeables à beaucoup de gens sont pourtant essentielles, car le chef-d’œuvre tient souvent à peu de chose, et Léon Gard a raison de dire :

  Il ne faut pas mépriser le "rien" ou ce qui apparaît tel, car le rien est tout. En médecine, le rien est la dose qui fait le poison ou le remède, la vie ou la mort. En art, le rien fait les chefs-d’œuvre. Si le blanc de la pivoine de Manet était moins rosé ou plus rosé ce ne serait plus un Manet.

  « La création est éternellement nouvelle. Voyez-vous, c’est cette nouveauté que les artistes s’efforcent de découvrir ; ce qui les entraîne à toutes sortes d’absurdités ; mais bien peu d’entre eux parviennent au point où l’esprit fait le silence total, et où de ce silence émerge ce mouvement qui est toujours nouveau. » ( Krishnamurti)

Georges Renand, directeur des grands magasins de la Samaritaine, président de la fondation Cognac-Jay (huile sur toile, 65 X 54 cm ? Paris 1942)

Le docteur Goldsmith (huile sur toile, 65 X 54 cm ? Paris 1942)

Jeune femme à la veste de fourrure (huile sur toile, 46 X 54 cm, Paris 1942)

 

La profondeur dans l'art

 

  Les chefs-d'oeuvre en profondeur réussissent mal dans les sociétés démocratiques. Il y faut, de préférence, des chefs-d'oeuvre en surface brillante, puisque le côté profond d'un chef-d'oeuvre échappe au nombre.

 

Le Comte Arnaud Doria (huile sur toile, 41 X 33 cm, Paris 1942)

« Je garde un excellent souvenir de mes séances de pose et tiens à vous dire encore que je trouve mon portrait très ressemblant et fort réussi. Je serai heureux de conserver chez moi ce spécimen de votre beau talent. » (Comte Arnaud Doria)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Jacqueline Aubry (huile sur toile, 55 X 46 cm?,Paris 1943)

Liseuse au corsage rose (huile sur toile, 65 X 54 cm, Paris 1943)

 Aveuglement des idées préconçues

Certains ont une prévention défavorable envers un tableau parce qu'il est ancien. On voit, de même, avoir une prévention favorable envers un tableau parce qu'il est moderne ou défavorable a priori précisément parce qu'il est moderne. Tout cela est faux : la qualité du tableau, seule, compte et c'est la seule chose qu'ils ne voient pas.

La comtesse d'Anselme (huile sur toile, 65 X 54 cm ? Paris vers 1943)

La Valse de Brahms (huile sur toile, 65 X 54 cm, Paris 1943)

Genevieve de La Motte Saint-Pierre (huile sur toile, 41 X 33 cm ? Paris vers 1945)

Tête de jeune femme (huile sur toile, 20 X 18 cm, Paris 1947)

La tendance en art

   En art, la tendance, dont on parle beaucoup, dont on parle trop, n'est rien. On fait beaucoup de raisonnement sur la tendance de l'art et l'on oublie l'essentiel : qu'un oeil harmonieux est tout, quelle que soit la tendance. On a beaucoup plaisanté certains titres de tableaux aux artistes français comme : "innocence", "espièglerie", etc. Le criterieum du tableau n'était pourtant pas son genre mais sa qualité. Un tableau de frans Hals s'intitule "Le galant cavalier" et c'est un chef-d'oeuvre. Est-ce la tendance qui fait que Rubens, Titien ou Velasquez sont ce qu'ils sont ? Beaucoup qui ont peint dans la même tendance ne sont pourtant rien : il y fallait en plus ce "quelque chose" dont parle Renoir.

  Mais sans les discussions infinies sur l'art, il n'y aurait plus de critique d'art, sinon pour blâmer ou approuver, ce qui restreindrait beaucoup son rôle.

Portrait de Jeanne Fusier-Gir (huile sur toile, 65 X 54 cm, Paris vers 1950)
Ce portrait de l’actrice Jeanne Fusier-Gir, qui fut une des actrices « fétiches » de Sacha Guitry, est le second que Léon Gard fit d’elle. Le premier, exécuté à la manière de Toulouse-Lautrec, lui avait été commandé spécialement par Sacha Guitry pour sa pièce de théâtre « N’écoutez pas Mesdames ». Léon Gard céda également ce second portrait à Sacha Guitry, qui le conserva dans sa collection personnelle jusqu’à sa mort.

Sylvie en robe bleue (huile sur toile, 92 X 73 cm, Paris vers 1955)

Portrait de vieille femme (huile sur carton, 46 X 38 cm, Paris vers 1958)

Portrait d'Ali, le jardinier du parc des Bonshommes (huile sur carton, 46 X 38 cm, 1969)

 

 

 

Jeune homme au médaillon (huile sur toile, 41 X 33 cm, Paris 1970)

Jeune homme au manteau de mouton (huile sur toile, 81 X 65 cm, Pais 1971)

Esquisse de jeune homme en buste (huile sur carton, 41 X 33 cm, Paris 1972)